AVANT DE SIGNER UN CONTRAT AVEC UN EDITEUR...

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AVANT DE SIGNER UN CONTRAT AVEC UN EDITEUR...

Message  Admin le Ven 20 Juil - 6:38

Voici un rappel des précautions à prendre.

Ces conseils proviennent du CALCRE (Association de défense et d'informations des auteurs).

Cette Association a été mise en dépot de bilan, mais elle essaye de redémarrer...
ELLE CHERCHE DES BENEVOLES POUR REPRENDRE LE COMBAT

SON ADRESSE: CALCRE BP 10 016 - 94404 VITRY CEDEX

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CONSEILS AUX AUTEURS


L' ENVOI D'UN MANUSCRIT AUX ÉDITEURS

Présentez votre manuscrit correctement révisé et aux normes. Votre manuscrit doit être un tapuscrit mais il n'est pas nécessaire de joindre d'emblée une disquette.

Si vous avez des doutes sur les qualités intrinsèques de votre texte, si vous recherchez des avis professionnels non complaisants, faites appel à un Conseiller Littéraire. Mais sachez que ce n'est pas gratuit.

Photocopiez votre manuscrit en plusieurs exemplaires (entre 5 et 15). Faites aussi 5 à 10 exemplaires d' extraits (1er chapitre si c'est un roman, un récit, un essai - quelques poèmes ou une nouvelle si c'est un recueil). Conservez précieusement l'original.

Protégez votre manuscrit pour vous prémunir contre tout plagiat. Audace traite succinctement des moyens de protection des manuscrits.

Rédigez une lettre d'accompagnement sobre et neutre.

Sélectionnez les éditeurs les plus proches de votre texte, en terme de genre, sous-genre et style. Vous devez donc impérativement connaître les éditeurs et leurs publications afin de ne pas envoyer au hasard votre manuscrit. Si vous disposez d'informations directes sur certains éditeurs, c'est que vous êtes, peu ou prou, introduit dans le milieu. Tant mieux pour vous. .

Dès que vous avez sélectionné 5 ou 10 éditeurs potentiels, vérifiez plus en détail leur production en lisant leurs nouveautés en librairie ou dans une bibliothèque. Si l'éditeur est petit ou mal diffusé en librairie, vous pouvez aussi lui demander son catalogue et lui commander un ou deux livres. Vous pouvez aussi visiter son stand sur les salons mais vous ne devez pas profiter de cette occasion pour lui refiler en douce votre manuscrit. Ainsi, vous ne serez plus tout à fait un inconnu ou un importun lorsque vous lui soumettrez votre manuscrit.

L'auteur peut déposer au secrétariat de l'éditeur proche de chez lui son manuscrit en échange d'un reçu. Expédiez votre manuscrit ou simplement des extraits si l'éditeur le précise. Si vous souhaitez être sûr de récupérer la copie, joignez une enveloppe affranchie pour les frais de réexpédition.

Expédiez votre texte à plusieurs éditeurs à la fois afin de gagner du temps (les délais de réponse sont parfois très longs). Tenez un planning suivi de vos envois. Relancez par écrit ou par téléphone tout éditeur après 3 mois révolus.

Le démarchage à l'Américaine correspond à l'envoi d'extraits ou d'un synopsis, d'une lettre d'intention de plan ou de projet. Cette méthode permet d'une part aux auteurs d'économiser des frais de photocopie et d'envoi. Et d'autre part aux éditeurs de réduire les manipulations fastidieuses et de réaliser des économies de frais de retour dans la mesure où un synopsis ne se retourne pas, l'éditeur n'envoyant dans ce cas qu'une lettre de refus. Si l'éditeur vous réclame votre manuscrit complet, c'est que son intérêt a été éveillé par l'extrait. Vous n'êtes plus alors l'auteur " Lambda ", votre manuscrit n'est plus un " manuscrit sauvage ". Ensuite, dans le cas malheureux d'un refus, l'éditeur doit normalement vous retourner votre manuscrit à ses frais - même s'il déclare ne pas le faire dans Audace. Car c'est bien lui qui l'a réclamé !

La lettre de refus est une lettre qui, même si elle semble personnalisée, ne donne que des arguments généraux et passe-partout pour refuser votre texte. Les arguments les plus souvent invoqués sont : " ne correspond par à l'esprit de la maison, ne peut s'insérer dans nos collections, notre programme est complet, le manuscrit à des défauts ou des faiblesses " sans préciser lesquelles, etc.

Une lettre de refus personnalisée est une lettre dans laquelle l'auteur retrouve des éléments très précis prouvant que son manuscrit à bien été lu et critiqué. Après une lettre de refus personnalisée, évitez absolument d'ergoter, de demander des explications supplémentaires. Les courriers de " pinailleurs " incitent les éditeurs à faire des réponses types.

Les comités de lecture : Leur rôle réel et leur rôle symbolique - les critères de sélection - leur fonctionnement : du déballage à la lecture approfondie, en passant par l'écrémage, etc.



AVANT DE SIGNER UN CONTRAT
Pensez à vous documenter sur la loi sur la propriété littéraire et artistique et sur les contrats d'édition avant d'être confronté à un éditeur.

Dans tous les cas de figures, nous vous conseillons d'ouvrir une chemise au nom de l'éditeur et d'y glissez tous les doubles des courriers et contrats que vous échangerez. Faites systématiquement un double de vos courriers et confirmez par courrier toute promesse verbale qui vous semble importante, ainsi que tout élément qui viendra en retrait ou en apport des termes du contrat que vous avez signé.


I er cas : il s'agit d'un Éditeur" normal "

Sachez qu'un éditeur normal est un professionnel qui prend à sa charge la totalité du risque éditorial. Il vous fait signer un contrat d'édition dit " à compte d'éditeur " dans lequel il doit vous verser un pourcentage sur les ventes dès le premier exemplaire vendu, en échange de la cession des droits d'exploitation de votre oeuvre. Ce pourcentage doit être calculé sur le prix public. Le risque éditorial pris par l'éditeur constitue une garantie pour l'auteur. Les conflits les plus fréquemment rencontrés sont liés au paiement des droits et au contrôle des ventes.

Si un éditeur vous convoque dans ses bureaux, ne signez jamais sur place. S'il insiste lourdement, vous fait du chantage, refuse de " laisser sortir " son contrat : attention danger ! Demandez quelques jours de réflexion. Profitez alors de ce délai pour prendre conseil auprès d'un avocat spécialiste du droit d'auteur ou d'un syndicat d'écrivains, histoire de ne pas signer n'importe quoi. Le Calcre propose également ce service à ses adhérents. Il faut pour cela expédier une copie du contrat et de tous les courriers contractuels.

Lors de la rencontre avec un éditeur ou son directeur littéraire, restez résolument pratique. Parlez contrat, marché potentiel, plan de lancement, pourcentage des droits d'auteurs, montant de l'à-valoir, date de parution, prix public envisagé, moyens de diffusion, promotion, etc. Abordez aussi les résultats passés : meilleures ventes, ventes moyennes dans la catégorie du livre, vend-il les droits annexes à des tiers, à l'étranger, a-t-il les moyens d'exploiter ou de rechercher des tiers pour exploiter les droits audiovisuels, etc. Mais n'abordez surtout pas des questions purement littéraires, sauf si l'éditeur évoque des corrections ou améliorations à apporter au texte et qui sont, selon lui, un préalable au contrat définitif.

Si l'éditeur vous demande de l'argent, ce n'est plus un C/E mais de l'arnaque à compte d'auteur ! [ voir IIIème cas ]

Si un éditeur vous expédie un contrat par la poste, prenez également conseil.

Pour info, un éditeur " à compte d'éditeur " est plutôt laconique dans ses courriers pré-contractuels.



II ème cas : il s'agit d'un Éditeur à Compte d'Auteur

Sachez qu'un éditeur à compte d'auteur n'est pas un éditeur stricto sensu mais un prestataire de services. L'auteur devient un client. L'éditeur à compte d'auteur n'assume pas le risque éditorial. En contrepartie, l'auteur ne lui cède pas ses droits. Il reste le propriétaire du tirage et reçoit la majeure partie du produit des ventes.

Si l'éditeur à C/A vous convoque dans ses bureaux, même remarques que pour l'éditeur normal. .

L'éditeur vous écrit pour vous exposer votre future édition, vous proposer les services qu'il mettra en place contre une rémunération. Cette lettre sera contractuelle au même titre que le futur contrat. Si dans cette lettre, des points sont obscurs (la diffusion reste vague, le lancement n'est pas évoqué, etc.), vous devez alors impérativement exiger des précisions par courrier, avant de demander l'envoi du contrat.

Toute note de lecture ou avis favorable sur votre manuscrit doivent être considérés comme sans valeur puisque c'est d'abord votre capacité à financer votre publication qui intéresse cet éditeur. La note de lecture favorable doit être considérée comme un élément commercial destiné à vous inciter à signer le contrat... et celui-ci peut-être trompeur.

Même avec un éditeur conseillé :
- Pensez à vous procurer chez l'éditeur ou par le biais d'un libraire, s'il prétend diffuser en librairie (à qui vous demanderez s'il travaille régulièrement avec cette maison), un ouvrage semblable à ce que sera votre futur livre.
- Pensez à faire vérifier votre contrat .

Surveillez pas-à-pas votre édition. En tant que maître d'ouvrage (c'est vous qui payez !), vous devez exiger du maître d'oeuvre (l'entrepreneur de livres) qu'il justifie intégralement tous les services qu'il vous a proposés.



III ème cas : il s'agit d'un Éditeur" bâtard "

L'éditeur prétend ne pas faire d'édition à compte d'auteur mais exige de vous une contrepartie financière ou un travail. Vous êtes en présence d'une proposition abusive. L'éditeur joue de sa position dominante et/ou de la vanité de certains auteurs pour s'octroyer tous les droits et limiter ses risques.

Les pratiques abusives sont les suivantes :

- Il vous demande un dessous de table.
- Il mentionne dans son contrat le versement d'une somme non remboursable, et présentée comme une aide destinée à faciliter la publication.
- L'éditeur vous oblige à acheter au prix fort une fraction du tirage.
- Il exige un prêt remboursable sur les ventes.
- Il demande que la composition de la maquette ou que la campagne de publicité soient payées par l'auteur.
- Il exige que vous trouviez 100 souscripteurs car sinon il ne signe pas le contrat, sauf si vous complétez avec vos propres deniers.
- Il ne vous donne des droits d'auteur qu'à partir du moment où il a couvert ses frais.

Toutes ces options transforment un contrat d'édition " à compte d'éditeur " en un contrat bâtard et abusif. La " bâtardise " peut aller du compte d'auteur complet au compte d'éditeur limite, en passant par le compte d'éditeur à participation réelle.

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