LA PETULANTE EMMA CHICHESTER CLARK

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LA PETULANTE EMMA CHICHESTER CLARK

Message  Admin le Lun 8 Mai - 4:53


Qu'est-ce qui est le point de départ du livre ? Le personnage, l'histoire, le thème ? Avez-vous évolué là-dessus depuis le premier livre ?


Je sais maintenant qu'il est important qu'il y ait un " message ". J'ai plus conscience de combien il est important de rendre le texte aussi succinct que possible, pour qu'il puisse être relu plus d'une fois.


Comment les réactions d'enfants influencent-elles votre travail ?


Je ne connais malheureusement pas grand-chose aux réactions des enfants. Tous les enfants que je connais sont un peu plus vieux que mes lecteurs.


À quel moment pensez-vous aux lecteurs quand vous faites vos livres ?
Pensez-vous aux parents des enfants (ou autres adultes) qui vont lire le livre quand vous le faites ?


Je pense surtout à ce que j'avais aimé enfant, et à ce que j'aime maintenant. Je pense au lecteur enfant quand j'écris le texte.


Qu'est-ce que vous avez le plus de mal à dessiner ?


Le plus dur pour moi est d'illustrer des livres historiques, du genre Les Mythes grecs ou romains, ceci à cause des références. Aussi, j'ai moins confiance pour dessiner des hommes, surtout pour les scènes de batailles, et je manque d'imagination quand il s'agit de gorgones et de monstres

Que retrouve-t-on de votre enfance dans vos livres ?

Ce qui vient de ma propre enfance, ce sont probablement les paysages, les chiens et les petites filles qui sont toutes de la famille de Madeleine de Ludwig Bemelmans, et puis les lions, j'ai adoré The Happy Lion de Roger Duvoisin

Entre l'idée de départ, le projet, la préparation et le résultat final :
- qu'est-ce qui est le plus difficile ?
- qu'est-ce qui est le plus amusant ?
- qu'est-ce qui est le plus ennuyeux ?
- Le livre ressemble-t-il à ce que vous aviez projeté ?


Je trouve que le plus dur est de trouver une histoire. J'adore penser au personnage, au début de l'histoire, à des détails qui vont se retrouver au milieu, ou à ce que les personnages diront, mais je n'arrive jamais à trouver la fin.

Le plus ennuyeux est de me rendre compte que je suis restée assise à réfléchir pendant plus d'une heure et que j'ai soit répété la même phrase plusieurs fois dans ma tête, soit rêvé.
Les livres sont toujours un peu décevants quand je les vois pour la première fois, mais quand la déception du début passe, je recommence à les aimer.

Comment se renouveler dans son travail, malgré les attentes du lecteur (qui aime la répétition) ?


J'essaie d'alterner les genres de livres. Par exemple, après avoir terminé "Suivez le guide", j'ai commencé "Les dieux et les héros romains", et après, j'ai fait une anthologie de jouets.

Comment choisissez-vous les textes que vous n'écrivez pas ?


Pour les textes que je n'ai pas écrit moi-même, je dépends beaucoup de l'opinion de Laura Cecil (auteur et agent d'auteur). Nous avons un goût similaire et le même sens de l'humour.
Très souvent, je choisis tout simplement en fonction du sujet et s'il est amusant à illustrer.

L'humour prédomine dans tous vos livres. Vous arrive-t-il de faire des livres " pas drôles " ? Qu'est-ce qui vous fait le plus rire, vous ? Peut-on rire de tout avec les enfants ?

Je ne sais pas pourquoi l'humour réapparaît toujours, c'est peut-être un encouragement inconscient, surtout dans des livres tel que La Mythologie grecque, mais il y a des dessins tristes et sombres là-dedans aussi. Il n'y avait pas beaucoup d'humour dans Titus, ce qui explique peut-être pourquoi il ne s'est pas mieux vendu. J'aimerais beaucoup faire un livre triste ; j'aimais les histoires tristes quand j'étais enfant, mais cela semble plus difficile aujourd'hui. Je crois que les gens ont peur de les acheter.

À quel moment décidez-vous qu'un image est terminée, ou combien de papiers gâchés ?

Je décide qu'un dessin est terminé quand j'arrive au point de ne pas pouvoir résister à l'envie d'y retoucher et généralement c'est parce que j'ai peur et j'hésite à attaquer le prochain dessin.
Je dois souvent recommencer mes dessins, et généralement je sais que je vais devoir le recommencer dès que je le commence, mais je continue quand même en espérant qu'il se remettra bien miraculeusement ! J'ai redessiné la première page de Suivez le guide dix fois.

Dans les textes que vous avez vous-même écrits, quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Par quoi avez-vous commencé, les dessins ou le texte ?

J'ai eu d'immenses difficultés avec le texte de Titus. Mon éditeur pensait qu'il était très mauvais, qu'il ne chantait pas et je l'ai réécrit environ quinze fois pour enfin perdre confiance complètement. Enfin Laura l'a réécrit.
Mademoiselle Mouflette était facile parce que la formule existait déjà (la comptine), mais quelques-unes de mes rimes étaient un peu bizarres au début. Encore ! était très amusant à faire parce que j'avais une liste de mots que je voulais utiliser, et le réduire à sa juste taille est presque arrivé tout seul à cause du rythme qui en est sorti. Il en est de même pour Je t'aime Doux Kangourou.
Je commence toujours par le texte, mais j'ai les images en tête, et je fais parfois quelques gribouillis pendant que j'écris.

Quand vous n'écrivez pas vous-même l'histoire, travaillez-vous avec les auteurs ? Comment vous appropriez-vous leurs histoires ? Par quoi commencez-vous ?

En général, quand c'est le texte de quelqu'un d'autre, je travaille tout simplement avec l'éditeur. Cependant, j'ai travaillé de très près avec Laura, et les dessins et le texte se sont faits en même temps. Je lui envoyais les crayonnés par fax, et elle m'envoyait le texte par fax, composé sur son ordinateur. Nous commençons par son texte, mais ça change au fur et à mesure.

Comment élaborez-vous le rapport texte-images ? Comment les faites-vous se répondre, se compléter ?


Je pense que j'essaie d'illustrer les choses que le texte omet, surtout, sauf quand c'est évident que quelque chose dans le texte doit être montré. Je suppose que cela dépend aussi du ton du texte, et j'essaie de m'y coller.

Vous êtes très forte avec la couleur. Comment faites-vous pour " planifier " un livre au niveau de la couleur ? Est-ce très important pour vous ? Est-ce que vous utilisez différentes couleurs en fonction de l'âge du lecteur ? Du thème ?

En ce qui concerne la couleur, j'ai effectivement planifié les couleurs pour Encore ! Pour la première fois, j'ai fait des découpages dans les magazines (tels que Interiors) et j'ai fait des collages. J'ai aussi pris des cartes d'échantillons de couleurs et je m'y suis référé tout au long du livre. J'adore la couleur et j'adore apprendre qu'il y a d'autres mariages possibles, mais c'est difficile de changer sa propre palette. Ça dépend aussi beaucoup du ton du livre. J'aime les couleurs dans Titus, si seulement ce livre n'avait pas tant un air général de tristesse. L'éditeur japonais utilise la première page comme couverture, avec la mère et Titus dans le soleil couchant, et cela semble une bonne idée.
Travailler avec Klaus Flugge (mon nouvel éditeur) a beaucoup à voir avec les couleurs que j'ai utilisé parce que je sais qu'il aime que tout soit lumineux. Et je dois dire que je lui suis reconnaissante d'avoir cette influence ; ça a changé ma façon de travailler.

Est-ce que vous faites attention à vos éditions étrangères ? Est-ce important pour vous de rester avec le même éditeur à l'étranger ?

Je pense que ça fait une grande différence de rester chez le même éditeur, chez soi ou à l'étranger. Je suis vraiment heureuse d'être publiée par Andersen Press, au lieu de changer tout le temps d'éditeur, et j'aimerais beaucoup avoir la même relation avec Kaléidoscope, aussi longtemps qu'ils voudront publier mes livres. Je pense que les livres ont plus de chances de réussir s'il y a une continuité, et je pense aussi qu'il est important que l'éditeur ait son mot à dire ou une influence dans l'élaboration des livres, (c'est-à-dire) des critiques ou des idées à formuler. Nous travaillons seuls avec peu d'idée sur les réactions et ça aide vraiment de savoir ce que pense un éditeur.

Quels sont vos illustrateurs de référence ?

Ardizzone, Sempé, André François, Quentin Blake, William Steig, Charlotte Voake, Angela Barrett, James Thurber et beaucoup d'autres.


(nos remerciements aux editions kaleidoscope pour cet interview)
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