LA RECETTE MAGIQUE DES LIVRES "COPAINS"

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LA RECETTE MAGIQUE DES LIVRES "COPAINS"

Message  Admin le Jeu 26 Avr - 5:09

Yvan Pommaux et les contes revisités

I. Pommaux et le conte merveilleux

I.1 Pourquoi le conte ?

Pommaux a toujours été intéressé par les contes classiques, qui ont profondément marqués son enfance. En tant qu’illustrateur, il est particulièrement touché par les illustrations de Gustave Doré sur les contes de Perrault. Cependant, illustrer des contes classiques ne l’intéresse pas car il ne peut donner sa version des choses. Il ne veut pas, non plus, faireune version parodique du conte, qu’il juge « en de-ça du conte original ». Il lui faudra vingt ans de réflexion pour trouver une idée originale et personnelle du conte : celle de l’enquête policière. Pommaux va donc mélanger deux genres narratifs, le conte merveilleux et le policier, sans doute, pour continuer à transmettre aux générations contemporaines les plus belles histoires de notre enfance. On retrouve celle de Blange-Neige (Lilas),de la belle au bois dormant (Le grand sommeil), du petit chaperon rouge, celle du petit poucet (John Chatterton détective).

I.2 Définition du conte

Selon Christian Carlier, le conte est le schéma dramaturgique classique d’un micro-drame comportant l’enclenchement d’un conflit, d’une crise, et du dénouement. Il permet d’aborder les sujets les plus graves. Pommaux véhicule de nombreux thèmes grâce aux contes classiques : les comportements sexuels des hommes, les conflits parents/enfants, la lutte des classes. Il nous en donne un exemple avec Lilas. Le fiancé de Lilas est un pauvre garagiste et le père de la jeune femme est un magnat des finances. Il dit le faire inconsciemment mais les contes sont justement là pour représenter les désirs et les angoisses inconscientes pour mieux les exprimer. Or, Pommaux a choisi de réactualiser un type de conte particulier : les contes merveilleux. Ceux qui permettent le mieux d’exprimer l’indicible aux enfants.

I. 3 La fonction du conte

Ces contes traitent de la curiosité sexuelle et des fonctionnements corporels, tout en l’abordant de façon simple et imagée et avec une certaine liberté narrative. La fonction du conte est bien de les faire évoluer vers plus de maturité, notamment, en les rassurant par une fin heureuse. Ainsi, Lilas ne doit plus subir sa belle-mère tyrannique. Elle est sauvée de la mort et elle retrouve son père. La fillette, vêtue de rouge, dans John Chatterton détective, retrouve sa mère. La crainte de l’abandon et la peur de ne plus revoir ses parents est neutralisée. Chez Pommaux, les méchants sont châtiés tout comme dans les contes de type ascendant (ceux qui partent d’une situation initiale négative pour une situation finale positive). L’enfant surmonte ses difficultés en s’identifiant aux personnages et trouve sa place dans le monde des grands. Christian Carlier nous dit également que « Le conte exprime le système de valeur normatif d’un groupe ». Les valeurs qui semblent importantes à une société sont véhiculées au moyen du conte. Le but est de se rapprocher du rite d’initiation de l’enfant à ce système de valeurs. Pommaux a choisi de reprendre des contes qui font partie de la mémoire collective française. Les contes les plus connus, qui sont les plus appréciés par les valeurs qu’ils expriment : l'amour, la bonté, la liberté. D’ailleurs, toutes les histoires d’Yvan Pommaux sont des histoires d’amour : amour des parents pour leurs enfants (Lilas, John Chatterton détective), amour passion (Libérez Lili !, Le grand sommeil) ; la série des Corbelle et Corbillo est basée aussi sur cette valeur. La liberté s’exprime à travers le personnage de Chatterton, ce chat, symbole d’indépendance par excellence, seul mais libre. Elle s’exprime aussi par cette volonté des personnages de vivre comme il veulent.

LA SUITE ??? http://jeunet.univ-lille3.fr/auteurs/fr_auteur.htm
>>> POMMAUX, Yvan et les contes revisités - Christel Duchemann

II. Pommaux et le travail de réécriture
III. Un style graphique entre la BD et l’album
IV. Des pistes de lecture : les références littéraires ou artistiques


Conclusion

Avec John Chatterton, Yvan Pommaux parvient remarquablement bien à incorporer l’esprit du conte classique tout en lui donnant un nouveau souffle. Il nous prouve que le conte peut traverser les âges, en s’insérant de la modernité d’aujourd’hui et procurer autant de plaisir et d’intérêt que n’importe quelle autre histoire. La qualité graphique de ses histoires nous donne une nouvelle version du conte qui donne envie de retrouver l’histoire reconnue dans l’album. Mais elle permet aussi d’apprécier sa version originale du conte. Grâce à l’association album / bande dessinée, l’illustrateur crée un nouveau rythme de lecture qui permet au lecteur d’être sollicité activement. Il instaure tout un jeu de repérage de références, de remémoration qui lui donnent l’impression de mener une enquête parallèle à celle du héros. Ainsi, parvient-il totalement à faire entrer le lecteur dans l’histoire et il réussit son pari de permettre « que les livres soient des copains » pour les enfants. L’auteur cherche avant tout à leur donner du plaisir tout en les aidant à évoluer sans jamais tomber dans la moralisation, propre aux contes.

(c) Christel Duchemann (université Lille 3)
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