GRILLE D'ANALYSE D'UN ALBUM JEUNESSE

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GRILLE D'ANALYSE D'UN ALBUM JEUNESSE

Message  COACH D'AUTEURS le Jeu 19 Avr - 3:25

Dans sa mallette pédagogique le CRDP de Grenoble propose une grille d'analyse qui peut vous aider à décortiquer les albums d'une collection...avant d'en rédiger un qui corresponde à sa ligne éditoriale.

TRAVAILLER SUR COMMANDE AUGMENTE LES CHANCES D'ETRE EDITE !


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Critères d'analyse et d'appréciation d'un échantillon d'albums variés dans l'objectif de repérer leur fonctionnement interne, d'opérer une analyse comparative et d'en établir une typologie :

Le format
Il induit un type de lecture. Petit format, grand format, à la française... Format à l'italienne (image panoramique - Max et les maximonstres), en hauteur (Plouf, Le loup et la mésange), carré, formes figuratives…
Le choix du format (par l'éditeur) n'est jamais anodin. Il sert à produire un effet.

La couverture
Appel aux hypothèses de lecture, ouverture d'horizons d'attente.

Travail sur le titre
Analyse du titre (donne une situation, le nom du héros, titre énigmatique, titre exclamatif).
Soit le titre annonce la situation, soit il indique qui, quand, où…).
Avant d'ouvrir le livre, faire des hypothèses sur le contenu.
Trouver un titre et comparer avec le vrai.
Salade de titres (mélanger les mots des titres et les faire retrouver).
Effectuer un travail comparatif sur les différents genres de titres.
Faire trouver des titres différents pour un même récit.
Cacher le titre et faire formuler des hypothèses sur l'illustration.
Cacher l'illustration et faire formuler des hypothèses sur le titre.
Trouver un titre à partir de l'illustration.


Travail sur l'illustration de la couverture
Faire des hypothèses sur le récit en fonction de la couverture.
Strip-tease de couverture.
Deux types d'illustrations : très ouvertes, qui laissent place à l'imaginaire (Le chat des collines, À qui la faute ?), ou plus précises.
Entrée dans le livre

Par les illustrations
Prendre en compte la technique, le style graphique, la mise en page, l'utilisation des couleurs, des plans, des cadrages, l'esthétique et la poétique des images. Dans un bon album, le sens se construit autant par l'image que par le texte (sinon, c'est un livre illustré).

Par le texte
Il y a plusieurs façons d'appréhender le texte.
Prendre en compte le niveau de difficulté (lexique, syntaxe) : beaucoup de texte, écriture petite, serrée, vocabulaire adapté…(Raoul).
Considérer les formes de discours (dialogue, style, énonciation), les niveaux et registres de langue, les jeux avec la langue.
Prendre en compte la typographie : forme, épaisseur, place, mouvement… (Le loup et la mésange) .
Tout cela peut constituer des points de départ pour des productions.

Par le rapport texte/image
Image redondante ou complémentaire au texte. Peut-on comprendre le récit uniquement par le texte, par l'image seule, les deux sont-elles nécessaires ?
Y a-t-il deux narrations parallèles ou pas ?
Le type de lecture est-il linéaire ou éclaté ?
Considérer le rapport entre la succession du texte ou de l'image ou l'utilisation de la double-page.

Dans Max et les maximonstres, plus on entre dans le rêve, plus l'image prend de la place par rapport au texte. Elle grignote peu à peu la deuxième page pour arriver à la double-page sans texte. Quand Max retourne vers le réel, les mots reviennent. Ce livre est un très bon exemple de complémentarité texte-image.

Par la mise en page
Elle participe au sens.
Elle peut provoquer ou inciter à tourner la page par des procédés techniques.
Elle peut fonctionner sur un principe d'alternance (noir et blanc - rêve et réalité - ici et ailleurs - présent et passé - discours enfant et discours adulte… (Maman était petite avant d'être grande).

Par le schéma narratif

Schéma quinaire :
- situation de départ
- rupture - problème à résoudre
- aventure - quête
- résolution du problème
- retour à une situation équilibrée

Schéma répétitif :
Randonnées, rencontres multiples, accumulation, énumération, alternance
(L'araignée qui ne perd pas son temps, La chasse à l'ours, Maman était petite avant d'être grande…) Voir la fiche du comité de lecture sur ce thème.
Ce travail d'analyse du schéma répétitif qui incite à l'écriture est un support de production intéressant.

Les techniques de narration
Histoire racontée par le héros, par un narrateur externe, dialogues, narration faite par le texte seul, l'image seule, ou par les deux.
Continuité narrative entre texte et image (parallèles ou complémentaires).
Points de vue exprimés (un ou plusieurs, en alternance). Les points de vue différents peuvent être matérialisés par un retournement du livre (Le chat et la souris, Petit renard perdu).
Focalisations, cadrage (Dans Paris ).

Les personnages
Sont-ils propices à l'identification, à la distanciation ? Sont-ils anthropomorphisés ? Faciles à repérer ?

Analyse de la fin de l'histoire
Histoire en boucle (La grande panthère noire)
Fin heureuse et close
Fin heureuse et ouverte
Fin heureuse et ambiguë (Le géant de Zéralda) : appel à l'imaginaire, fin où on imagine d'autres choses (Le chat des collines)
Fin malheureuse (Kiki Crabouille - exclusion, atténué par l'humour)
Fin heureuse porteuse d'espoir : message des contes (il s'est passé des choses horribles mais les héros arrivent toujours à s'en sortir). C'est différent dans le conte d'avertissement (message de valeur morale).
Un même album peut également proposer plusieurs fins différentes (Les voiliers de Valérie).

Appel à des références culturelles
Références artistiques, références à d'autres culture. Certains l'albums recèlent des mines de références ou de clins d'oeil littéraires, cinématographiques, artistiques... (Les tableaux de Marcel, John Chatterton détective, Une histoire à quatre voix, Chien bleu... ). Leur recherche et leur inventaire peut devenir un jeu passionnant.

Impact psychologique
Des albums forts, porteurs, peuvent aider les enfants à résoudre leurs conflits internes, à construire leur personnalité et à grandir.

S'agit-il d'un récit littéraire, propice au débat interprétatif ?
Certains albums s'y prêtent particulièrement par leur polysémie, leur ouverture sur l'imaginaire (Chien bleu, Sur l'île des Zertes, Lili et l'ours), la résistance du texte à la compréhension, la diversité des possibilités d'interprétation...

S'agit-il d'un récit non littéraire ?
Support pour la maîtrise de la langue ou d'autres activités.

Prolongements pédagogiques
Mise en voix, mime, théâtralisation...
Exploration pour des observations réfléchies de la langue
Recherches documentaires
Activités plastiques...
Travailler à partir des livres d'un même auteur

Lire ses livres
Faire repérer ses personnages (souvent les mêmes)
Faire repérer les thèmes récurrents
Faire repérer les couleurs souvent utilisées, le graphisme

Travail de comparaison
On peut s'amuser à échanger les personnages, les faire se rencontrer, créer une histoire avec les thèmes favoris de l'auteur, ses personnages habituels, ses techniques d'illustration.
On peut lui écrire pour lui poser des questions.

Critères moraux
Pose le problème de la censure (La fête des mères -D.Daenincks).
Notre regard de médiateur doit intervenir mais il ne saurait être question d'interdire des listes de livres.
Ne pas mettre entre les mains des enfants un livre qui prône des valeurs inacceptables, car nous avons un métier de passeurs de livres.

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